Le Séga de l'île de la Réunion

 

LE SÉGA

HISTORIQUE

Une Musique issue du Métissage

 

 

            L’histoire du Séga est intimement liée à celle du Maloya.

            Le Maloya, terme d’introduction récente (apparu vers 1930) était appelé vers 1750, « Tchega », « Tsiega » puis « Séga », mot portugais d’origine swahili désignant l’action de remonter ses habits, caractéristique des danses bantoues.

            Dès le second empire (1852), d’autres danses font leur apparition: le quadrille d’origine anglaise, le scottish, la polka, la mazurka, auxquelles succèdent des danse de groupe comme « la poule ». La série se termine par des figures libres. Cet espace de liberté a été capital dans la naissance du Séga.

            Au milieu du XIXème siècle, la prospérité économique de l’île a permis une plus grande diffusion du quadrille et le besoin de musiciens s’accroît. Des musiciens noirs sont alors initiés à ces musiques: ce sont les « jouars ». Du fait de leur appartenance à une autre culture, ils ont volontairement ou involontairement modifié ces airs, surtout au niveau rythmique: ceci marque le début de la créolisation du quadrille.

        Ayant appris à jouer sur des instruments européens, ils utilisent la dernière partie du quadrille pour jouer leur musique. Passant progressivement du binaire au ternaire, cette danse appelée au début « quadrille créole » va coloniser toutes les figures du quadrille . Le phénomène prend une telle importance que le Séga s’échappe des salons pour être joué et dansé partout: il devient la musique populaire de la Réunion

 

 

LE SÉGA

Par Bruno Escyle

Fondateur
et
Leader
d’Apolonia

            Le Séga est, pour moi, la musique du métissage par excellence, compte tenu de la diversité culturelle de mon île.

        Il fait battre mon cœur depuis toujours car il suit le chemin de l’universalité tracé jadis par d’autres musiques à travers lesquelles d’autres cultures se sont exprimées.

        Avec le séga on peut tout chanter : l’amour, la tristesse, la fête, les textes engagés…

        Enfin, une musique ou un rythme doit construire des passerelles pour aller à la rencontre de publics aux habitudes et cultures différentes.

        APOLONIA depuis maintenant 20 ans défend cette conception du séga réunionnais, avec l’envie de rendre fièrs tous les réunionnais à travers leur rythme préféré. Le Séga est la musique qui a su pénétrer toutes les catégories sociales qui composent la Réunion.

        Et le rêve que je caresse c’est qu’à force de rencontres et d’échanges, d’autres musiciens et d’autres publics finissent par s’approprier notre Séga de la Réunion, afin qu’il vive le plus longtemps possible, et à travers lui le métissage.