Culture
Bruno Escyle : "Je suis dévoué au séga corps et âme"
CLICANOO.COM | Publié le 16 octobre 2009 – JIR

Dire
que Bruno Escyle est passionné par le séga frôle l’euphémisme. Le leader
et fondateur du groupe Apolonia défend cette musique "corps et âme".
L’histoire d’Apolonia est avant celle d’une passion. Celle de Bruno Escyle, amoureux du séga depuis l’enfance. Très vite, il se met aux instruments et est heureux le jour où il arrive à "gratter des rythmes de séga sur sa guitare. Ce n’est pas facile, croyez-moi !", s’exclame le leader d’Apolonia. Peut-être, mais Bruno Escyle l’aime tellement cette musique qu’il veut tout faire pour la défendre. "Je me sens engagé par le séga. J’y suis dévoué corps et âme. Parfois, c’est difficile parce qu’à la Réunion, être musicien, ce n’est pas tous les jours évident. Mais j’estime que c’est en se montrant 100 % disponible pour la musique qu’on peut la faire avancer", estime Bruno Escyle, décidément très passionné. Et d’ajouter : "Le séga a un fort potentiel rythmique et peut s’exporter hors des frontières de l’île, à condition d’avoir un réseau de distribution à disposition". Jouer. Telle est sa manière de mettre le séga en avant. Dans des orchestres de bal dans un premier temps, puis en fondant Apolonia en 1990. Les choses ne se passent pas toujours bien. Tout n’est pas rose dans le milieu de la musique. Les musiciens de Bruno Escyle vont et viennent, son manager est décrié. Qu’importe. Le public répond présent. Les disques se vendent, Apolonia est sur toutes les scènes ou presque. Jusqu’à "une longue traversée du désert", se souvient le leader du groupe. "Apolonia marchait un peu moins. On était toujours présent sur les ondes, mais moins dans les salles. On a été dans le creux de la vague. On a connu une petite chute de notoriété. Ce sont des choses qui arrivent...", souligne-t-il. "On s’est remis en question". Et tout est reparti en 2003, avec la sortie de Lé encore lèr. "Ça n’arrête pas depuis", confie modestement Bruno Escyle. D’autres opus voient le jour, des cassettes sont rééditées, les spectacles se suivent... Poussé par sa passion et sa détermination, le leader du groupe veut aller encore plus loin. "J’ai fait des recherches sur le séga. Nous, de par notre formation dans les orchestres, on a retransposé les chansons de bals européens sur la musique locale. J’estime que ça a déservi le séga puisqu’on a perdu cet aspect traditionnel", estime le chanteur. Lui décide de revenir vers la tradition, vers les instruments tels que le banjo, ou encore l’accordéon. Il collabore également avec des musiciens professionnels, des intermittents du spectacle qui apportent toutes leurs compétences et leur expérience. Le résultat de ses recherches, Bruno Escyle veut maintenant les partager avec son public. Depuis le mois d’août, Apolonia est en tournée. "On a commencé dans les petites salles, ce qui nous a permis de roder le spectacle", explique Bruno Escyle. "Pour être honnête, on a ramé un petit peu parce que ces salles restent très peu fréquentées. C’est dommage. On s’est tout de même investi à fond. Financièrement, ça a été difficile, mais humainement, ça a été génial ! En même temps, je ne suis pas du genre à me torturer l’esprit avec ça. Un jour tu joues devant très peu de personnes et le lendemain, tu fais le plein", poursuit-il. Loin de se décourager donc, Bruno Escyle et ses musiciens posent leurs instruments au théâtre de Saint-Gilles demain soir et compte bien proposer un "séga de qualité". Pendant un peu plus d’une heure, le public aura droit à tout le répertoire d’Apolonia et pourra (re)découvrir des talents invités par Apolonia : Giovanny du groupe Analyse, Sens Unique et R J, un fan qui reprendra l’un des titres de Bruno Escyle à la sauce ragga. Et pour ceux qui ne sont pas libres, Apolonia remet ça le 30 octobre au théâtre Luc Donat du Tampon.
• Apolonia en concert demain soir dès 20 heures au théâtre de Saint-Gilles et le 30 octobre, même heure au théâtre du Luc Donat (Tampon).
Texte et photo Gabrielle Boyer